dimanche 22 avril 2012

Ensemble 14ème un peu riche et chic


Ma tenue milieu 14ème commence à prendre forme : après l’aumônière en soie brodée, je me devais d'améliorer le reste ! Je me suis donc fait une cotte en soie rose et une cotte-hardie en laine pourpre, aux "tippets" doublés de soie écrue.



La cotte est entièrement cousue à la main, mais j'avoue que je n'ai pas eu le courage de faire des boutons sur les manches. Elle se ferme devant, avec un lacet passé dans des œillets renforcés par une bande de ruban en laine.
La cotte hardie est entièrement doublée en fine soie verte (on en voit un petit bout quand je remonte mes jupes...), ce qui améliore son tombé et la rend encore plus chaude. Les tippets sont doublés de soie blanche, ce qui est une interprétation des enluminures représentant ce genre de robe : le plus souvent, et quelque soit la couleur de la robe, les tippets sont blancs à l'intérieur de la manche. La cotte-hardie se ferme au devant avec une série de boutons.

illustration tirée du Roman d'Alexandre, 1338-1344

Pour compléter ma tenue, je porte une ceinture en cuir, une cape en laine et un voile en lin. Ces photos ayant été prises après le marché de Pontoise, les chaussures ne sont pas correctes (pas envie de prendre le risque de bousiller mes chaussures cousues par mes blanches mains dans les couloirs du métro !) J'aimerais pour compléter ma tenue me faire un voile en soie et éventuellement changer la ceinture en cuir pour une ceinture tissée. J'hésite aussi à percer des poches dans ma cotte-hardie, comme on le voit parfois sur les représentations de l'époque. Qu'en pensez-vous ?


Et voici pour finir (et pour rigoler un peu), voici les dessous de mon voile...

mercredi 12 octobre 2011

Ma cotte imprimée

Quand je fais un costume, je suis toujours partagée entre la recherche de l'originalité et de la joliesse d'une part, et la volonté de cohérence historique d'autre part.

Cette cotte en lin imprimé le montre bien : la coupe est (il me semble) correcte pour le milieu du 14ème siècle, les boutons made by Boutefeu sont parfaits, mais le tissu, hem... C'est un lin imprimé que j'ai acheté il y a deux ans, déjà dans l'idée de m'en faire une cotte. Je ne connaissais pas du tout l'histoire de l'impression sur textile au Moyen âge, mais le motif me plaisait et me paraissait compatible avec le 14ème siècle, qui raffole de fleurettes. 



Depuis je me suis en peu documentée, et je me suis rendue compte que ce tissu ne convenait pas vraiment... Quelques exemples de tissus imprimés subsistent, mais il s'agit d'impressions souvent en noir sur blanc, qui sont peu résistantes à l'eau. La théorie la plus répandue est que ces tissus, qui imitaient les soieries façonnées, étaient utilisés dans l'ameublement. 

  

On voit cependant sur certaines enluminures ou fresques (je ne sais plus où en Italie, j'ai perdu les références malheureusement) des motifs sur les vêtements. Mais rien ne permet de dire s'il s'agit de motifs tissés ou imprimés...

 
Roman de la Rose, vers 1348 (150v)

J'ai quand même terminé ma robe, parce qu'elle est jolie, et que j'avais tout ce tissu et ces boutons sous la main. J'ai doublé les manches d'un fin lin blanc, et brodé des œillets au côté droit pour lacer la cotte. Les coutures et les ourlets sont réalisés à la main.


Il me manque encore une cotte-hardie ou un surcot pour porter dessus, mais vu la non-historicité de la cotte pour l'instant je la porte toute seule. 
Vous pouvez voir sur la photo mon aumônière brodée, et ma coiffure-à-nattes, que j'ai testée avec un petit voile en lin pour la première fois il y a quinze jours aux médiévales de Brie-Comte-Robert.

 

Et pour finir une photo avec monsieur mon mec, qui a la figure floutée parce que (parfois) il est modeste et discret.



lundi 3 octobre 2011

Linge à jours


Voici le résultat de quelques heures de broderie, faites à mes moments perdus lors de l'Opus Manuum 2011... J'avais un petit coupon de lin tissé de rayures bleu dans lequel je comptais couper des linges pour la toilette ou juste pour se sécher les mains. Dès que j'ai vu ce tissu, il m'a fait penser au linge de table tissé de motifs bleus que l'on faisait en Italie à la fin du 14ème siècle et au 15ème siècle. On en voit un très bel exemple sur le site du Musée de Cluny, et j'en ai vu une au Musée des Tissus de Lyon. Il y en a aussi au V&A, vous pouvez en voir une ici et une autre ici.

Serviette damassée du 15ème siècle, conservée au Musée du Moyen Age de Cluny


 Je ne pouvais pas reproduire les motifs qui sont tissés (et non brodés...), mais je pouvais faire les franges... J'ai donc effiloché mon tissu sur environ 4cm, puis j'ai décidé de fixer les franges avec un petit jour tout simple. Les bords du linge qui n'ont pas de lisière sont ourlés à la main. Toutes les coutures sont au fil de lin.